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15.10.2006
Khamsoun
Nous nous verrons pas sur nos planches la pièce de théâtre « Khamsoun » (cinquante), dernière production de la troupe « Familia » du talentueux Fadhel EJJAIBI, pièce écrite par la grande comédienne Jalila BACCAR, ou du moins pas pour ces jours ou semaines ci.
La pièce fut présenter quatre fois sur les planches de « l’Odéon » à Paris, pour son ouverture après la fin des travaux de rénovation en juin dernier.
Les raisons de cette impossibilité de présentation, sont les «recommandations » faites par le ministère de la culture à la troupe de procéder au charcutage du texte, aussi bien dans la suppression pure et simple de beaucoup de lignes, le changement et l’élimination de dates et de noms ayant marqués l’histoire de la Tunisie pendant ces derniers cinquante ans.
Avec plus de quatre vingt dix lignes à supprimer du texte orignal, le ministère aurait pu proposer lui-même le texte à interpréter par les comédiens.
15:05 Publié dans Mes convictions | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note






Commentaires
Ce s'appelle de la censure.
Il y a à ce propos une pétition qui tourne dans les milieux intéllectuels pour faire pression sur les autorités de tutelle...
Ecrit par : Xander | 15.10.2006
@Malheureusement ce n'est pas seulement l'amputation de l'oeuvre qui se produit mais toute une culture ...
Ecrit par : soulef | 15.10.2006
Sihem Bensendrine a décrit la censure de la dite pièce intitulée "Corps-otages" (Khamsoun) dans un filet publié cette semaine, et mis en ligne à partir de Jeudi, dans le Journal Hebdomadaire www.lejournal-hebdo.com. Il semblerait que le révisionisme et l'officialisation d'une fausse Histoire commencent à émerger en passant par la censure de la Vérité Historique. Dommage !...
Mais où sont donc les intellectuels et les vrais historiens ?
Ecrit par : dima | 17.10.2006
@ Xander : Oui c’est de la sensure pure et simple, suis au courant pour la pétition mais je ne l’ai pas encore vue…
@ Soulef : Goebbels ministre nazi de la propagande, n’a t-il pas ordonné de jeter au feu les livres…
@ Dima : je ne trouve pas l'article :(
Ecrit par : khanouff | 17.10.2006
Khanouff, il doit etre mis en ligne à partir de Jeudi. Le temps que l'hebdomadaire vend assez de papier pour survivre :)
mais comme tu ne me fais jamais payer la lecture de tes mots, je te fais une fleur aujourd'hui en le tapant chez toi, ici et maintenant :
[
Théatre:
"Corps-Otages" censurée en Tunisie. Par Sihem Bensedrine. Le Journal-Hebdomadaire Numéro 273. Du 14 au 20 Octobre 2006.
La Censure persiste dans le pays de Ben Ali. Dernière victime recensée : une pièce de théatre.
La dernière oeuvre de Jalila Baccar, mise en scéne par Fadhel Jaibi, "Corps-Otages" (Khamsoun) et qui a été présentée au théatre de l'Odéon à Paris en Juin dernier, vient d'etre censurée par le ministére de la Culture qui lui a refusé le visa de distribution dans les salles tunisiennes. La Commission d'orientation dépendant du ministére de la Culture a dressé une liste de 100 sujets à élaguer qui sont "de nature à porter atteintes aux bonnes moeurs, à la politique officielle, à la religion et au bon gout" ! Fadhel Jaibi dénonce "une atteinte caractérisée à notre droit à la libre expression, à la différence d'opinion, loin de toute censure ou toute forme de tutelle intellectuelle", rappelant son attachement à la liberté de ton et de création qui a caractérisé toute son oeuvre depuis 1972. Les demandes de la Commission consistent à éliminer toutes les dates, tous les noms de personnages et de lieux, d'évacuer tous les textes coraniques et d'effacer en fait toute référence à l'histoire dans cette piéce qui se propose de jeter un regard sans complaisance sur les cinquante ans d'indépendance que féte la Tunisie cette année. "Il est tout à fait légitime de la part d'artistes tunisiens de donner leur avis sur l'anniversaire de l'indépendance de leur pays, sur les cinquante ans de l'histoire de la Tunisie. C'est notre point de vue, c'est le point de vue d'un bon groupe d'artistes, tout simplement !", proteste Jalila Baccar.
]
Bonne lecture, Khanouff.
Ecrit par : dima | 17.10.2006
Je te salut bien bas O Dima, ami et soutient dans les moments difficiles…:)
Demande ce que tu veux cher Dima, rien ne te sera refusé…
Merci infiniment :)
Ecrit par : khanouff | 17.10.2006
dima dima la Tunisie...
dima dima le Maghreb...
Merci et très bonne journée à toi Khanouff.
Ecrit par : dima | 18.10.2006
[...] Unfortunately, we are not done yet with the censorship’s long arm. Last week, as khanouff [Fr] wrote, the Tunisian public will not be able to watch the playwright Jalila Baccar’s [Fr] new work, “Corps-otages” [Fr] (Captive Bodies) or “Khamsoun” (fifthly, because of the play’s treatment of problems confronting Tunisia 50 years after the independence), directed by the living legend of Tunisian theater Fadhel Jaibi [Fr].[...]
Ecrit par : Global Voices Online » Blog Archive » Blogging Tunisia: ban, censorship a | 19.10.2006
" Khzit 3al znouss..." a vociféré Lila Jalila Baccar dans ' Ghassalit ennwadir'....
ça s'impose là ...
Ecrit par : l'exilée | 21.10.2006
une piece qui a fait couler beaucoup d'encre..
en fin de compte je crois qu'il y'aura un seul mot censuré
on ne sait jamais
j'irais la voir au theatre municipal le week end prochain
Ecrit par : honeytofla | 31.01.2007
pour que vive la liberté de création :)
Ecrit par : khanouff | 31.01.2007
"KHAMSOUN" DE JAÏBI ET BACCAR
Une pièce trop «voilée» !
En sortant de la représentation de "Khamsoun", la nouvelle pièce de Fadhel Jaïbi, écrite par Jalila Baccar, que nous avons vue le vendredi 2 février, nous tremblions de tout notre corps. Ces tremblements n’étaient pas dus à un quelconque plaisir mais à l’énervement qui est monté au fur et à mesure de cette pièce de théâtre. Et apparemment, nous n’avons pas été la seule !
Le célèbre couple du théâtre tunisien, à savoir Fadhel Jaïbi et Jalila Baccar, se goure de discours dans «Khamsoun» et a profité de toute la polémique qu’avait suscitée la pièce. Celle-ci aurait dû subir des coups de ciseau avant de pouvoir être présentée au public ; ce qu’avait refusé catégoriquement Jaïbi (ce qui est tout à fait son droit). Le metteur en scène aurait déclaré que si sa pièce devait souffrir des coupures, il irait la présenter en France ! Un beau coup de pub pour du vent ! Et puis s’il y a du linge sale à laver que cela se fasse en dehors de la sphère scénique !
Jouda s’est faite kamikaze en commettant un attentat-suicide. La police s’en prend à ses connaissances et à ses deux colocataires. Jouda était voilée tout comme ces dernières.
En fait, l’histoire de "Khamsoun" tourne autour d’Amal (Espoir), du désir de sa mère de la sortir de l’"endoctrinement" dans lequel elle se trouve, de son père ancien communiste "torturé" par la police.
Les fantômes du passé
On ne comprend pas trop où ont voulu aboutir Fadhel Jaïbi et Jalila Baccar. Qu’ont-ils voulu mettre à l’index ? Le spectateur est comme pris en otage de la pièce, essayant de comprendre l’histoire et sa finalité. Ces personnalités du théâtre tunisien ont eu des comptes à régler. Nous l’avons senti tout au long de la pièce.
Le propos de la pièce, issu d’un texte faible, n’est pas construit. Il n’y a pas de véritable regard sur le "problème" de l’intégrisme ou de la brutalité policière. Et puis, le discours sur l’intégrisme est un faux problème. Nous avons l’impression que les créateurs artistiques ont choisi d’en faire un thème à la mode, sans en chercher les causes profondes.
Beaucoup pourront dire que Fadhel Jaïbi et Jalila Baccar ont osé ! Mais oser quoi ? Ils se sont attaqués à un ancien système. C’est comme s’ils déclaraient que tout ce qui se passe actuellement de mauvais dans le pays a pour origine la période précédente. Faut-il leur rappeler que chaque système a ses propres failles, plus ou moins faibles, et que ce qui peut arriver dans le présent ne découle pas forcément du passé ? Si nous connaissons des problèmes quels qu’ils soient, nous les devons à notre présent et uniquement à notre présent ! Puisqu’il y a eu changement ; changement de mœurs, changement de tons etc. Alors pourquoi déterrer les fantômes du passé pour expliquer l’"intégrisme" d’aujourd’hui ? Et pas uniquement l’intégrisme religieux ! "Khamsoun" montre deux extrémités faisant fi du milieu, soit de la majeure partie de la population tunisienne comme si elle n’existait pas du tout ! Exit donc plus de 90 % des Tunisiens ! Alors on peut se demander en quoi nous concerne le sujet de la pièce !
L’habit ne fait pas
l’intégriste !
Nous nous demandons également si la paire théâtrale vit dans le même monde que nous, s’il sort, côtoie les gens du peuple que nous sommes tous, ou reste confiné tranquillement chez lui à philosopher sur un monde qu’il ne connaît pas ou très peu. Les idées reçues émaillent la pièce. L’histoire se déroule entre 2005 et le début de l’année 2006. Pourquoi donc les filles voilées sont-elles représentées en tenue vestimentaire que nous appellerons à la chiite ? Cet habit n’est en vogue que depuis quelques mois. Il nous semble que son accentuation a eu lieu courant septembre 2006. Avant cela, cette mise était très rare ! Pourquoi représenter des filles vêtues de la même manière ? Sauf pour Amal dont le voile fait plus penser à celui d’une nonne qu’à celui d’une musulmane voilée. L’habit ne fait pas l’intégriste ! L’intégrisme le plus dangereux est celui qui ne se voit pas !
Pourquoi les créateurs veulent-ils à tout prix intégrer dans leurs pièces des éléments chorégraphiques ? Dans "Khamsoun", cela a été d’un très mauvais goût ! Faire faire aux jeunes filles la gestuelle des ablutions comme si elles dansaient sensuellement, c’est quelque part une insulte à toutes les personnes qui font leur prière sans pourtant être intégristes.
La chèvre et le chou
Et puis, Fadhel Jaïbi joue sur deux facettes car il n’a pas osé prendre position clairement : d’un côté, il présente ceux qui suivent la religion comme des personnes dangereuses, de l’autre comme des anges, toujours par des mouvements chorégraphiques. Quand les personnages orientent leur index droit vers le ciel, comme pour dire la profession de foi, et les pointent, par la suite, vers le public, c’est comme une menace ou une accusation. A d’autres moments, quand les jeunes filles lèvent les bras, nous avons l’impression d’avoir affaire à des anges, effet donné par l’amplitude de leurs vêtements.
L’autre extrémité représentée est la violence policière. Là aussi, nous avons rencontré un problème de lecture. Les policiers nous ont fait penser à des flics américains par leur manière d’être, de s’asseoir sur les chaises etc. Il ne manquait plus qu’ils s’expriment en anglais américain. Jaïbi et Baccar n’ont pas arrêté de ménager la chèvre et le chou, expliquant cette violence par les événements du passé, comme si les policiers actuels répétaient la gestuelle de tous ceux qui les ont précédés. Mais qui nous dit que ce n’est pas pire maintenant ou le contraire ?
La scénographie est glauque à la limite du sordide. Elle emprisonne les spectateurs sans pour autant les faire réfléchir. Elle les oblige à consommer comme si ce qu’elle présentait était la pure vérité. Mais la pureté a fait défaut et sur tous les plans.
Rien dans "Khamsoun" ne force le respect : ni la soi-disant liberté d’expression, ni le sujet mal traité, ni la performance des comédiens qui restent dans des clichés. Pour nous, cette pièce est, tout simplement, une insulte au peuple tunisien ! Et tout Fadhel Jaïbi et Jalila Baccar qu’on soit, on ne peut pas réussir à tous les coups !
Ecrit par : malak | 25.02.2007
La polémique si polémique il y a n’est pas liée au contenu, de la lecture de la pièce puisque personne ne connaît le détail de la pièce à un moment donné, mais c’est une réaction de désapprobation de la manière avec laquelle les autorités compétentes ont accueillis cette dernière : Créer les empêchements à sa libre représentation.
Maintenant que cette troupe joue sa création, libre à chacun d’exprimer son avis ni plus ni moins.
Ecrit par : khanouff | 25.02.2007
http://tunisie-harakati.mylivepage.com
La manipulation est une arme terrible, s'enprendre au texte d'une pièce démontre bien que les libertés ont pris du plom dans l'aile. Moi je serai d'avis à ce que l'on censure la torture, la violence, la répression, la liberté d'expression, les détentions arbitraires......en Tunisie.......mais hélas le monde marche sur la tête. On supprime des libertés pour mieux contrôler la population et donc éviter les débordements et les manifestations. Il est évident que les abus ne peuvent que se dévellopper si on laisse faire. Des scandales judiciaires en Tunisie nous rappelle sans arrêt que la condamnation des décisions de justice ne peuvent que pousser les tribunaux à revoir leurs copies, il doit en être de même pour les libertés d'expressions. Madame Sameh Harakati en est convaincu tout au fond de sa cellule de la prison de la Mannouba en Tunisie.
http://tunisie-harakati.mylivepage.com
Ecrit par : Didou | 16.05.2008
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