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06.02.2008

Etrange exercice…A ne pas refaire.

Mardi 5 février, 7h45, et avant de commencer, j’ai lu un billet (4-2-2008), alors détournant ma tête, faisant semblant de ne pas se sentir concerné …Me suis amusé à tourner la situation en dérision, me fixant un autre objectif pour ma journée,  me dessinant un autre itinéraire plus suggestif, à but avoué jouissif, mais me suis retrouvé non pas malgré moi, mais presque machinalement à revoir ce long paragraphe, cette tentative de s’expurger, de se défouler, de dégueuler…Le soir venu, je suis retourné au poste lu le matin, et commencé à le réécrire, le recopier, à remettre la plume dans l’encrier de ma peau ouverte dégoulinante de sang et écrire avec…Traduire de l’arabe au français…Puis, au bout de la vingtième, trentième ou quarantième phrase me suis arrêté, exténué, ne pouvant plus continuer, je livre ici, ce à quoi suis parvenu avec une pensée particulère à mes amis non arabophones...Avant d'aller au lit en "Jean qui rit...", finalement s'arrêter d'écrire est une autre délivrance aussi :
  
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                      La délivrance

Il lui était impératif de se délivrer de ces débris de mémoire…Mais elle ne trouva pas le moyen…

Peut être écrit-elle selon des singuliers usages, célébrant son désordre intime et se réfugiant  derrière ces virgules et ces points de suspension…

Croyait-il tout comprendre celui qui la lisait ??

Comment ??

Elle même n’arrivait pas à défaire son désordre interne…

Ainsi l’écriture n’est pas délivrance…Elle est une forme littéraire normalisée offrant une certaine légitimité au désordre…

Nous écrivons afin de nous vider, et sans nous douter de rien, nous nous remplissons avec des choses plus amères, plus féroces…

Nous écrivons afin de réussir à respirer un air dépourvu de dioxyde des lieux, des appellations, des gestes, des pseudos et personnes nous pourchassons dans les noirceurs de la solitude…

Nous écrivons afin de parvenir…Mais nous faisons que nous éloigner…

Comme nous gardons espoir de pouvoir raccourcir les immenses distances nous séparant de cette entité, étendue comme un désert aride à l’intérieur de nous même…

Nous essayons donc…Nous nous dérobons à nous même…Nous n’appelons pas les choses par leur vrai nom…Par ce que c’est vain…Ou nous semble t-il ainsi…

Et au lieu de se rapprocher…Les chemins s’entremêlent et se transforment dans une ombre lilliputienne et chétive…Nous nous transformons en des doublons très étranges…

J’ai jeté un regard sur l’écriture et lui a demandé de me libérer…

Non pas de la mémoire, je suis une femme ne concédant pas l’oublis…Ma mémoire est incandescente…Il est illusoire de prendre l’écriture pour une recette pour l’oublis…Seulement avec l’écriture nous s’approprions la volonté de piocher dans la mémoire, la déblayer et la dépoussiérer de toute trace du passage dans un instant de désir éphémère à un corps donné…Ou bien le moment de notre embrasement par la tristesse…Ou encore…
 

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liens :

La toile est du peintre perse Mahmoud FARCHIANE

http://fatma-arabicca.blogspot.com/2008_02_03_archive.html

http://tnkhanouff.hautetfort.com/archive/2008/02/05/envie-matinale.html#comments

 

Commentaires

Etrange comme le mot délivrance est forcément lié à l'arrêt. L'arrêt de quoi, telle est la question ?! Nombreux sont ceux qui cherchent, d'autres arrêtent...

Ecrit par : Mad Djerba | 06.02.2008

La toile est fabuleuse et ton texte très fort et très beau. Tout ton talent s'y exprime.

Ecrit par : enriqueta | 06.02.2008

je voudrais dire tant de choses en réponse mais je peine à trouver les mots
je me contente de sourire, puisse-t-il mieux exprimer mes pensées.

Ecrit par : mariouma | 06.02.2008

@ Mad Djerba : La délivrance est là où il est possible de souffler...
@ Enriqueta : Le texte est d'une bloggeuse s'appelant Fatma, je n'ai fait que me frotter un exercice difficile, mais à voir vos réactions suis heureux du résultat ...
@ mariouma : c'est pas juste, nous, nous disons tout ce qu'on a sur le coeur et toi tu te retiens ...

Ecrit par : khanouff | 07.02.2008

l'écriture n'est jamais vaine puisque à travers les temps, la distance et les âges elle nous permet de nous rejoindre et de tracer, nouer des liens
big bisous

Ecrit par : fab | 07.02.2008

tout à fait de ton avis, merci et big bisous aussi

Ecrit par : khanouff | 07.02.2008

C'est vrai et c'est beau. Et j'adore l'image choisie qui va très bien avec.

Ecrit par : Valentine | 07.02.2008

Je t'invite à jouer au nouveau jeu Mystério :

http://lequipedechoc.over-blog.com/article-16168598-6.html#anchorComment

Ecrit par : enriqueta | 08.02.2008

@ Valentine : Merci, et aussi i de ta visite :)
@ enriqueta : Présent :)

Ecrit par : khanouff | 08.02.2008

Waw...un grand effort de traduction là. j'ai lu quelques passages du texte en arabe... rien à dire, excellent! bravo à toi pour ce geste que tu as fait dans le but de transmettre le message.

Ecrit par : dalida | 08.02.2008

et la traduction en arabe d'un de mes textes ? (pour le plaisir parce que l'arabe, je ne saurais le lire, ni le comprendre...)
Pour info, sur mon blog, il y a des photos de ma ballade au parc. Merci de ton impatience :-)

Ecrit par : captaine lili | 08.02.2008

@ dalida : Sans fausse modestie, le travail ne m'a pas couté trop d'effort, peut être en prenant la peine de jeter un coup d’œil du coté de « certaines poubelles des blogs » où les attaques gratuites, l'honneur et la probité morale des autres sont trainés dans la boue...Ce que j'ai entrepris étais fait par la colère suscitée par un écrit du genre "...les putains des blogs..." lancé à la face de la personne dont j’ai traduit une partie, ou peut être même une autre, mais qu’importe…Voila, une autre façon pour moi, de faire l’avocat du diable…
@ captain lili : Je traduirais un jour un de tes poèmes, lequel, je ne sais pas encore, mais ce qui est sur, c’est il sera parmi les plus optimistes et pas trop long, pour les photos j’y vais :)

Ecrit par : khanouff | 09.02.2008

L'écriture comme délivrance, pour évacuer "les débris de mémoire", impossible rêve. L'écriture est ce chemin que l'on trace entre soi et les mots, elle trahit souvent parce q'uinsuffisante à donner toute cette "incandescence". C'est un merveilleux texte, sensible et juste qui traduit bien tout ce que l'écriture ne peut pas.
Bises Khanouff.

Ecrit par : polly | 16.02.2008

Merci Polly :)

Ecrit par : khanouff | 16.02.2008

Très belle peinture, avant que je vois le nom de l'auteur, j'avais pensé un peu a Léonor Fini
jack NYC

Ecrit par : Jack NYC | 01.03.2008

Avec une légère différence est que la plupart des personnages de Léonor Fini répugnent à se montrer couvert par un quelconque tissu (parfois bien sur et pas souvent) :)))

Ecrit par : khanouff | 03.03.2008

merci ....crois moi je flotte la après cette agréable découverte !!!

Ecrit par : arabicca | 03.04.2008

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