25.05.2009

Destins tragiques

Un écrit dans la série des mémoires parues ces derniers temps évoque « Le joueur d’échec », de l’auteur de « La pitié dangereuse » et pousse, loin du contexte premier, à se rappeler de certains destins tragiques. Quarante ans séparent les deux drames, celui de Stefan Zweig auteur de ces livres, qui en 1942 se donnait la mort avec sa femme, désespéré, de voir les nazis volaient de conquête en victoire dans une Europe désormais à genoux. Et en 1982 le poète Khalil Haoui, ne supportant plus de voir le sol de son Liban piétiné par les godasses des soldats israéliens entrant dans Beyrouth, mettait lui aussi fin à sa vie. Ce ci pour le souvenir. Et pour la suite, un paragraphe dépoussiéré et rafraichissant du recueil « La peur » de ce même S.Z., après les chaleurs presque étouffantes de ces derniers jours :

« Un petit éclair blanc donna le signal ; aussitôt, dans un roulement de tambour, et tombant en trombes, les vitres pleurèrent sous le crépitement meurtrier des humides projectiles ; en signe de capitulation, la locomotive inclinait vers le sol son panache gris. On ne voyait plus rien, on n’entendait plus que le grondement irrité de l’averse sur le verre et l’acier, et, comme une bête pourchassée, la locomotive filait sur les rails étincelants pour échapper à l’orage. »

 

23:03 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : stefan zweig, khalil haoui | | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Je n'avais jamais pensé à utiliser la littérature pour me rafraîchir et mieux supporter la canicule..Ceci dit, si les hommes arrêtaient de se faire la guerre, de ne penser qu'au pouvoir et à l'argent, cela nous rafraîchirait l'âme....car toutes ces tueries sont encore plus dures à supporter que la canicule

Écrit par : gazou | 26.05.2009

Essaie toujours de te rafraichir par un écris :)...
Quant à la démence des hommes il est vrai comme tu dis qu'elle plus insupportable que n'importe quel excès de température...

Écrit par : khanouff | 29.05.2009

j'ai adoré le joueur d'échec, amok et 24 h de la vie d'une femme.
c'était un type bien, et même en littérature ils sont rares.
je ne connais pas ce Libanais dont tu parles, mais s'il avait été israélien l'impact en aurait été encore plus fort.

Écrit par : polly | 02.06.2009

@ Polly : Ce poète libanais reste pour certains non arabophones un anonyme.
Je regarde à l'instant la visite d'Obama au camp de Buchenwald en Allemagne, alors que d'autres continuent d'être érigés par l'état hébreux et n'émeuvent pas la conscience occidentale.

Écrit par : khanouff | 05.06.2009

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