25/08/2010

Antimanuel de philosophie - Michel Onfray

 

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« …Le goût de chacun provient souvent de ses chances ou de ses malchances, de son milieu ou de son éducation, de ses rencontres ou de son isolement, de son parcours scolaire ou familial : la plupart du temps le goût kitsh caractérise les victimes exclues de la culture, de l’art et du monde des idées par un système qui recourt à l’art pour marquer les relations sociales entre les individus, puis les classes. Moins ridicules ou risibles que sacrifiés sur l’autel du goût dominant, les gents de peu réduits aux plaisirs kitsh avouent sans le savoir leur position dans leur société : ils existent hors du circuit des riches, des possédants, des dominants, de acteurs de la société. Les consommateurs de Joconde en papier sont moins à écarter d’un revers de la main qu’à inviter à rejoindre le rang des gens qui s’initient, se cultivent et accèdent de plain-pied au monde de l’art réel. »

Michel Onfray « Antimanuel de philosophie » p74

En fin de compte je n’ai pas résisté au plaisir de recopier ce paragraphe traitant de la tentative de faire compredre, faire accéder et  amener à s’approprier des fragments de l’art par des franges de la société. L’extraction de ces quelques lignes du corps claire et limpide du livre, n’est pas une quelconque et vulgaire tentative de détournement de sens, mais une irrésistible et réelle envie de faire partager une savoureuse lecture malgré le sujet abordé qui semblerait des moins accessibles. Pourtant.

 

Commentaires

cette lecture me laisse un immense goût d'amertume : à l'origine tous les êtres vivants naissent avec plus où moins les mêmes capacités intellectuelles mais certains privés d'amour, de moyens, de soutiens n'arriveront à rien tandis que d'autres ... l'injustice est déjà au berceau et malheureusement se reproduit de génération en génération parce que certains n'auront jamais le goût du beau, la chance d'une "éducation" dans ce qu'elle a de plus positif c'est à dire l'art, la culture, la découverte du monde et la rencontre avec "l'autre"
bisous

Écrit par : fab | 26/08/2010

Bien au contraire Fab, il n’y a point d’amertume ici, même si le constat est juste. Avec un tel livre, MO participe à sa façon à la vulgarisation de la philosophie en général et de la même manière et dans ce paragraphe en particulier, il demande à ne pas balayer « d’un revers de la main » les non initiés et invite « à rejoindre le rang des gens qui s’initient, se cultivent et accèdent » à la compréhension de l’art.

Écrit par : khanouff | 26/08/2010

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