02/01/2013

Brocantes utiles...

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09/11/2012

Clair de femme

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« Tous les visages me paraissaient connus, peut-être parce qu’ils étaient tous très âgés et ce que je croyais reconnaître était la manière du temps, qui a toujours la même facture. » Clair de femme de Romain Gary p87.

 

25/09/2012

Jeu

Je n’ai pas fais exprès… La suggestion disait: "C’est la semaine internationale du livre. Voici les règles: Prenez le livre le plus proche de vous, allez à la page 54, publiez la cinquième phrase, ne pas indiquer le titre ... 

Et j’ai pris un, voilà le résultat : "Tout en dirigeant les autres et en allant de l'avant d'une manière optimiste, son cœur était embourbé dans des abîmes de solitude."

13/09/2012

La ballade de l’impossible

« Suivant le chemin éclairé par la lumière irréelle de la lune, je m’enfonçais dans le bois où je marchai sans but. Dans cette lueur étrange, les sons résonnaient curieusement. Le bruis de mes pas retentissait comme provenant d’ailleurs. De temps à autres, un petit bruit se claquait derrière moi. Dans le bois régnait une atmosphère étouffante, faite du souffle réprimé des animaux nocturnes qui attendaient que je fusse passé. » La ballade de l’impossible de Haruki Murakami p179.  

J’aime la dernière phrase...

05/06/2012

Gros Câlin

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Chaton pris en flagrant délit de flânerie 

24/05/2012

Extrait d’une lecture

« Novembre n’est favorable à rien. Le ciel se rapproche, le temps se referme, les feuilles sur les arbres se crispent comme les mains d’un mourant ; et tombent. ».p286

« L’art français de la guerre » Alexis Jenni

28/02/2012

Par lâcheté ils regardent en arrière

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« …les hommes, lorsqu’ils ne sont pas disposés à agir contre un mal, se bornent à en chercher l’origine. » Ismaïl Kadaré « Le pont aux trois arches ».

19/07/2011

Vivre par passions

Ouvre-toi, monde souterrain des passions!
Et vous, ombres rêvées, et pourtant ressenties,
Venez coller vos lèvres brûlantes aux miennes,
Boire à mon sang le sang, et le souffle à ma bouche!

Montez de vos ténèbres crépusculaires,
Et n'ayez nulle honte de l'ombre que dessine autour de vous la peine!
L'amoureux de l'amour veut vivre aussi ses maux,
Ce qui fait votre trouble m'attache aussi à vous.

Seule la passion qui trouve son abîme
Sait embraser ton être jusqu'au fond;
Seul qui se perd entier est donné à lui même.

Alors, prends feu! Seulement si tu t'enflammes,
Tu connaîtras le monde au plus profond de toi!
Car au lieu seul où agit le secret, commence aussi la vie.

  

Stefan Zweig

 

10/06/2011

بيـــــــــان الجبهــة التقدميــة ببنـــزرت حول أحداث مدينة المتلوي

 

الجبهــة التقدميــة ببنـــزرت

بنزرت في 10-06-2011

بيان حول أحداث مدينة المتلوي

 

شهدت مدينة المتلوي خلال الأسبوع الماضي أحداثا أليمة أدت الى سقوط العديد من القتلى الأبرياء و مئات الجرحى عدد كبير منهم في حالة خطيرة.

أمام هده الأحداث المأساوية و اتساع دائرة الاقتتال فان الجبهة التقدمية ببنزرت تعبر عن: 

* مواساتها لعائلات الضحايا من قتلى و جرحى

* تنديدها بكل أشكال التقتيل و الترويع و تخريب الممتلكات العامة و الخاصة

* دعوتها أهالينا في المتلوي إلى التهدئة و كافة التونسيين إلى اليقظة و الحذر حتى لا تتكرر مثل هده الأحداث الأليمة في مناطق اخرى.

ان الجبهة التقدمية ببنزرت وهي تعبر عن أسفها لما حدث بمدينة المتلوي فإنها تسجل بكل أسف و استغراب:

* تكرر مثل هده الأحداث في منطقة الحوض المنجمي أكثر من مرة مند اندلاع ثورة 14 جانفي المجيدة.

* توظيف النعرة القبلية من طرف رموز النظام البائد.

* التباطؤ في محاسبة المسؤولين عن دائرة العنف و غياب تام للشفافية في التعامل مع الاوظاع و كشف الحقائق.

انطلاقا من ذلك فان الجبهة التقدمية ببنزرت

* تحمل مسؤولية غياب الأمن الى الحكومة المؤقتة.

* تدعو الى العمل الجدي من اجل التكريس الفعلي لامن المواطن اقتصاديا و اجتماعيا و سياسيا و ذلك بالمعالجة الجذرية لأسباب الفقر و البطالة و بمساهمة فعاليات المجتمع المدني و السياسي.

* تدعو أهالينا بالمتلوي و كافة القوى التقدمية بالجهة الى التدخل لحقن الدماء و وضع حد لدائرة التقاتل.

* تطالب بفتح تحقيق سريع في الأحداث الدموية و محاسبة الأطراف المسؤولة و التشهير بها أمام الشعب التونسي.

18/02/2011

Indignez vous !

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Nous vivons dans une interconnectivité comme jamais encore il n’en a existé. Mais dans ce monde, il y a des choses insupportables. Pour le voir, il faut bien regarder, chercher. Je dis aux jeunes : cherchez un peu, vous allez trouver. La pire des attitudes est l’indifférence, dire « je n’y peux rien, je me débrouille ». En vous comportant ainsi, vous perdez l’une des composantes essentielles qui fait l’humain. Une des composantes indispensables : la faculté d’indignation et l’engagement qui est la conséquence.

Indignez vous ! de SPTHEPHANE HESSEL p14

27/11/2010

Ils ont le bonheur d’obéir

« On ne souffre pas de ses vices, on souffre seulement de ne pouvoir s’y résigner. Je connus tous les sophismes de la passion, je connus aussi tous les sophismes de la conscience. Les gens se figurent qu’ils reprouvent certains actes parce que la morale s’y oppose, en réalité, ils obéissent (ils ont le bonheur d’obéir) à des répugnances instinctives. » Marguerite Yourcenar – Alexis ou le traité du Vain Combat. P77

Ils ont le bonheur d’obéir, dans le même sens, l’instinct de la peur nichée dans les creux des ventres, celui qui plombe les ailes de ces bipèdes transformés en gallinacés, de ces millions de gallinacés…Le pays est devenu une immense batterie d’élevage de poules pondeuses…Non, plutôt de poules mouillées, apeurées et courant au raz du sol…

26/11/2010

Humeur, La carte et le territoire, Michel Houellebecq

Je ne pêche jamais et ne chasse pas…Je bois un peu d’alcool et j’aime ça…Je balais souvent devant chez moi…Je ne radote pas, ni ne cherche à connaitre la couleur du caleçon à pois du voisin …Une jeune femme vient de se faire sauvagement assassiner, et c’est ma mère qui me l’a raconté …Il commence à faire frisquet la nuit, mais selon la météo il sera plus doux demain en journée, peut être que je ferai des photos…En attendant, saisissant notre chance de nous cultiver sous bourse déliée, sous flous, « La carte et le territoire » le Goncourt 2010 est téléchargeable ici : http://tinyurl.com/2wd2ko6.

 

29/10/2010

Un livre de Raoul Vaneigem

C’est la dernière ligne, de la dernière page de ce qui devrait être la fin d’une lecture d’un livre qui attend son tour, un livre posé au dessus d’une pile : « Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations » de Raoul Vaneigem, dont ceci :  

« Pour un monde de jouissance à gagner, nous n’avons à perdre que l’ennui. »…

C’était la dernière ligne, je l’ai dis, de la dernière page, ça aussi, de ce que je n’ai pas encore lu…

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24/09/2010

L’œil le plus bleu (2)

Dans la continuelle œuvre de témoignage sur la situation des gens de « couleur » dans un récit où le style de Toni Morrison est toujours aussi saisissant d’âpreté et de noirceur, le génie de la nobélisé de littérature est de broder dans de la très magnifique dentelle et visiter le charnel dans seulement quelque petites pages, et quelles pages !

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20/09/2010

Toni Morrison – L’œil le plus bleu

Un livre chiné mercredi dernier. Seulement trois dinars. Une belle trouvaille dans la rue des tanneurs. Demain sur la route je commencerai sa lecture. Dans quelques heures sera lundi avec l’œil le plus bleu. Extraits :

« Voici la maison. Elle est verte et blanche. Elle a une porte rouge. Elle est très jolie. Voici la famille. Maman, papa, Dick et Jane habitent dans la maison verte et blanche. Ils sont très heureux. Voici Jane. Elle porte une robe rouge. Elle veut jouer. Qui jouera avec Jane ? Voici le chat. Il fait miaou-miaou. Viens jouer. Viens jouer avec Jane. Le chat ne veut pas jouer. Voici maman. Maman est très belle. Maman, veux-tu jouer avec Jane ? Maman rit. Voici papa. Il est grand et fort. Papa, veux-tu jouer avec Jane ? Papa sourit. Souris, papa, souris. Voici le chien. Oua-oua, fait le chien. Veux-tu jouer avec Jane ? Regardez, le chien court. Cours, chien, cours. Regardez, regardez. Voici un ami. L’ami va jouer avec Jane. Ils vont jouer à un jeu amusant. Joue, Jane, Jane. » p 9.

10/09/2010

Un amour interdit - René-Jean Clot

C’est un livre chiné chez un petit libraire de la rue des tanneurs depuis quelques temps. Et si sa lecture a trainé ce n’est pas à cause de l’engourdissement imposé par ce mois de ramadan, ni à cause de la couverture fatiguée, des feuilles qui commencent à jaunir mais c’est la force et la singularité du sujet, l’âpreté même du roman et d’autres petits et personnels soucis  qui sont derrières ce délai.

Extraits : « Banlieues pareilles à la cendre d’un volcan. Eblouissement blanc des façades comme l’appât au centre du piège des ténèbres. Je voyais des maisons naïves et propres, bonnes à mettre dans les chaussures d’enfant un soir de Noël. D’autres roublardes, confortables avec de la flanelle verte sur le ventre. D’autres ayant bec et ongles sur la rue. D’autres mal défendues et comme trouées par les charançons de la nuit. D’autres maisons comme des poules immobiles sur leur nid de briques rouges. Certaines étaient bonnes pour la casse après avoir beaucoup vécu.

Que de maisons dispensatrices de sens, de formes, de noms, chacune étant une voix d’une si grande solitude, chacune universellement compréhensive à toutes et cependant fermée jalousement. Chacune grosse d’ombre, reposant sur l’ombre, respirant dans l’ombre. Et chacune pourtant pleine du désir nostalgique de former une rue dans la lumière et d’appartenir à un plan qui se perdait dans les ondulations lointaines des collines ouvertes à la fraîcheur de la nuit. Ça et là des réverbères lugubres jetaient une lumière pâle comme la graisse d’un homme glabre et malsain qui se rase devant un miroir. » p231.

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25/08/2010

Antimanuel de philosophie - Michel Onfray

 

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« …Le goût de chacun provient souvent de ses chances ou de ses malchances, de son milieu ou de son éducation, de ses rencontres ou de son isolement, de son parcours scolaire ou familial : la plupart du temps le goût kitsh caractérise les victimes exclues de la culture, de l’art et du monde des idées par un système qui recourt à l’art pour marquer les relations sociales entre les individus, puis les classes. Moins ridicules ou risibles que sacrifiés sur l’autel du goût dominant, les gents de peu réduits aux plaisirs kitsh avouent sans le savoir leur position dans leur société : ils existent hors du circuit des riches, des possédants, des dominants, de acteurs de la société. Les consommateurs de Joconde en papier sont moins à écarter d’un revers de la main qu’à inviter à rejoindre le rang des gens qui s’initient, se cultivent et accèdent de plain-pied au monde de l’art réel. »

Michel Onfray « Antimanuel de philosophie » p74

En fin de compte je n’ai pas résisté au plaisir de recopier ce paragraphe traitant de la tentative de faire compredre, faire accéder et  amener à s’approprier des fragments de l’art par des franges de la société. L’extraction de ces quelques lignes du corps claire et limpide du livre, n’est pas une quelconque et vulgaire tentative de détournement de sens, mais une irrésistible et réelle envie de faire partager une savoureuse lecture malgré le sujet abordé qui semblerait des moins accessibles. Pourtant.

 

14/08/2010

Gomorra

 

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Plusieurs fois différé pour différentes raisons sans grandes importances, son tour est enfin venu. Depuis ce matin, j’ai le nez plongé dans Gomorra de Roberto Saviano, et loin d’avoir eu raison des 459 pages, cette lecture est à la hauteur de la renommée du livre aux 4 millions d’exemplaires vendus.

26/07/2010

La pipe, le facteur et l’insomniaque

Comme une double revanche sur un réveil contraint après une petite nuit et sur un de ces débuts de semaine d’habitude laborieux, est venue dans ce calme matinal, cette lecture érotique des quelques dernières bonnes feuilles du livre de Françoise Rey « Marcel Facteur » :

« C’est un arbre tout entier qui te pousse du ventre, libidineux Marcel, un fût gonflé de turbulente sève, fourmillant d’espérance, lisse, droit et compact, où les lèvres de la drôlesse s’affolent de leur petitesse et butinent ici, là, plus loin, plus haut, plus bas, sans méthode ni fatigue. Tu sens le ballet délicieux de la langue mutine qui patine alentour, revient au cratère, y darde une pointe humide et curieuse, repart, revient, glisse, suce, tourne, contourne, retourne, se love, se perd, se retrouve, s’amuse, se tue de délice et d’angoisse… »

 

22/07/2010

Naïf

Là où je travaille depuis presque un quart de siècle, des avancements dans la carrière ont été toujours semés épisodiquement sur les têtes, ici et là. Mais pas pour moi. Là où je travaille, je ne compte pas d’ennemies, je ne pense pas, je ne sais pas, où ils cachaient bien leur jeu, où peut être suis-je trop naïf pour m’en apercevoir ! C’est par ce que je suis naïf que je n’ai pas, je ne dirai pas jamais eu, mais plus voir de promotion arriver et depuis vingt ans ? Il me reste une moitié de vingt ans jusqu’à arriver à l’âge de la retraite, si la durée du travail reste la même, ce qui est peu sûr…

Je suis encore dans ma cuisine, je mange tard comme chaque dimanche, comme chaque jour de congé aussi…Il y a la radio et cette animatrice qui a peut être mon âge mais qui continue de se tuer à s’exprimer avec une voix de gamine…

Je ne me suis jamais exprimé sur ma vie professionnelle, mais peut être est-il temps de le faire…Je ne pense pas été naïf…

 

05/07/2010

L’exil du centaure

 

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J’ai eu finalement raison d’une lecture qui a trainé en longueur ces derniers jours sans raison particulière. Il s’agit du roman « L’exil du centaure » de Thilde Barboni dont les dernières pages m’ont semblé ce matin et sur la route, oppressantes. Enfin malgré une mise page chargée, ce titre dense est d’une grande sensibilité.

28/06/2010

Philippe Delerm « La sieste assassinée »

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De l’avantage de voir le sommeil le déserter une heure avant la sonnerie du réveil, est de se trouver dans un jardin imaginaire à travers une savoureuse et matinale lecture :
« En tout bien tout honneur, on peut marcher de fleur en fleur dans les jardins, visiter la giroflée comme on prendrait le thé chez une élégante confinée dans son velours grenas, désirer sagement le bouton de cognassier, comme on aurait envie d’une glace italienne panachée fraise et vanille, s’embarquer quelques secondes sous le parapluie chinois de l’ancolie.» (Voyeur de pivoine p17)

24/06/2010

L’empire de la honte

 

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Jean Ziegler était rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation des populations du conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations Unies de 2000 à mars 2008 (source wikipedia ). Et c’est en connaisseur du terrain, chiffres à l’appui que cet expert décrit dans ce livre les ravages de la famine sur les populations du Brésil à l’Erythrée et de l’endettement en continu augmentation de ces pays du sud. Ceux qui sont aux manettes du marché mondial de la misère sont identifiés par Jean Ziegler sous un nom de sa création, les « cosmocrates » : Les nouveaux seigneurs féodaux où les maîtres de l’empire de la honte ».

Dans cet extrait (p30) se trouve, à mon sens, la foi de l’homme, son action, la volonté et le combat de ce suisse engagé :

« L’utopie est le désir du tout autre. Elle désigne ce qui nous manque dans notre courte vie sur terre. Elle embrasse la justice exigible. Elle exprime la liberté, la solidarité, le bonheur partagé dont la conscience humaine anticipe l’avènement et les contours. Ce manque, ce désir, cette utopie constituent la source la plus intime de toute action humaine en faveur de la justice sociale planétaire. Sans cette justice, aucun bonheur n’est possible pour aucun d’entre nous. »

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07/04/2010

La vérité est dans la littérature

Savez-vous ce que c’est, une pluie d’été ?

D’abords la beauté pure crevant le ciel d’été, cette crainte respectueuse qui s’empare du cœur, se sentir si dérisoire au centre même du sublime, si fragile et si gonflé de la majesté des choses, sidéré, happé, ravi par la munificence du monde.

Ensuite, arpenter un couloir et, soudain, pénétrer une chambre de lumière. Autre dimension, certitudes juste nées. Le corps n’est plus une gangue, l’esprit habite les nuages, la puissance de l’eau est sienne, des jours heureux s’annoncent, dans une nouvelle naissance.

Puis, comme les pleurs, parfois, lorsqu’ils sont ronds, forts et solidaires, laissent derrière eux une longue plage lavée de discorde, la pluie, l’été, balayant la poussière immobile, fait à l’âme des êtres comme une respiration  sans fin.

Ainsi, certaines pluies s’ancrent en nous comme un nouveau cœur qui bat à l’unisson de l’autre.

Extrait de « L’élégance du hérisson » de Muriel Barbery p.292

PS :Le titre du billet est de Kathrine Kressmann_Taylor.

 

01/03/2010

Pour la bonne cause

Il ne m’arrive pas souvent de traîner les pieds dans la lecture d’un livre sauf s’il est lourd, barbant et d’une grande monotonie. Mais la cause ici est dans l’indéfinissable, au presque assimilable à la répugnance, à la lassitude même, et pour cause. Sans chichi ni trop de préliminaire, l’objet est et reste d’une valeur littéraire qui se défend d’elle-même depuis un demi siècle pourtant, il d’agit de « Lolita » de Vladimir Nabokov. On a beau « être carapacé » derrière ses convictions, debout avec sa forte expérience des choses de la vie et ces nauséeux méandres, pourtant ce livre ébranle, fait chanceler ; et malgré cette peine qu’il donne, une deuxième lecture m’est nécessaire, me semble t-il. Je n’en dirai pas plus. J’ai pour habitudes dans ce blog de n’être bavard, ni trop disert, et l’arrivée ce matin comme un cadeau du ciel, d’un florilège d’écrits sensuels et merveilleux m’a décoincé, « excité » à finir et au plus vite avec la « Lolita », pour la bonne cause.

PS : Ce paragraphe a été mis au monde pendant la pause déjeuner, ce soir il n’est pas possible de faire voir mes joyaux reçus, c’est l’appareil photo qui me pose un lapin, je cadre une par le tel, et c’est le câble de transfert qui est introuvable !

 

10/12/2009

Fréquentation douteuse

 

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Pris en flagrant délit de « fréquentation douteuse », et encore il manque un élément, je ne trouve, ce soir, trace du titre de Boris Vian « J’irai cracher sur vos tombes » pour que le décorum d’une  lecture « dépravée » en apparence, soit en place. Ni B. Vian, ni V. Nabokov n’a fait usage d’alcool et de drogue pour faire ce qu’ils ont fait dans chacune de leur narration respective, faut-il le préciser. Quant au ministre à « La mauvaise vie », maladroit défenseur de certaines récentes causes, je trouve son récit autobiographique qualitativement de haute facture.

 

09/11/2009

Le mur des barbares

 

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Ce soir ont commencé des festivités pour célébrer le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin. Une séparation dont le symbolisme a dépassé le cadre de l’ancienne capitale allemande pour désigner un bornage entre un monde occidentale libérale, démocratique et un bloc soudé par une idéologie d’état au service de la suprématie de l’URSS. L’enthousiasme vu, étalé, et sans minimiser l’immense espoir offert aux populations de derrière « le rideau de fer » par cet événement, cette liesse est celle d’un capitalisme victorieux, se muant naturellement en un libéralisme mondial plus sauvage, sanguinaire et ravageur. Cette nouvelle architecture du monde dit « libre » et libéré du monstre communiste, se hâtera deux ans après non pas de pacifier une région chaude au moyen orient, mais d’abroger en 1991 une résolution de l’ONU (de 1975) qui faisait du sionisme une forme de racisme et de discrimination raciale. Ce sionisme enfin redevenu fréquentable, sera le maitre d’œuvre d’un autre mur en Palestine sans que cela n’émeut, ni suscite un moindre intérêt.

Voici des extraits d’un livre paru en 2002, de Jean Ziegler, « Les nouveaux maîtres du monde et ceux qui leur résiste » chez Fayard. Un livre de circonstance.

« La réalité du monde mondialisé consiste en une succession d’îlots de prospérité et de richesse, flottant dans un océan de peuples à l’agonie ». Page 38.

« La plupart des hommes du tiers-monde subissent aujourd’hui les affres de l’enfermement territorial. Leur pays devient leur prison. Comme les serfs du Moyen Âge, ils sont rivés à la glèbe. Ils ne peuvent plus quitter leur pays d’origine, quelles que soient la faim et misère extrême qui y règnent » Page 80.

« Tout homme est habité par les pires passions, des énergies destructrices, la jalousie, l’instinct de puissance. Par lucidité, il abdique une partie de sa liberté au bénéfice de la volonté et du bien public. Avec ces semblables, il fonde la « règle commune», l’Etat, la loi. » Page 121.

« Qu’est-ce qui fait la force d’un Etat, et plus particulièrement d’un Etat démocratique ? C’est avant tout l’idée qu’il incarne ! » Page 124.

« Un Etat qui ne donne pas à ces citoyens un sentiment de sécurité, ne leur assure pas un minimum de stabilité sociale et de revenu, un avenir prévisible, et ne garantit pas un ordre public en conformité avec leurs convictions morales est un état condamné » Page 125.

« Les luttes s’inventent sur le terrain. Elles ne se décrètent pas. Mais les forces sont dispersées. Il faut donc construire des fronts. Telle est la méthode qu’applique la nouvelle société civile planétaire en voie d’émergence. » Page 299.

 

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24/06/2009

Des livres que je lirai

 

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Enfin un titre de trouvé, très recherché mais sans résultat, un coup de tel suivi d’un autre appel et de deux dans le panier en cette fin de belle journée. D’abords le premier, venant de mon ami l’instit, juste avant la sortie des bureaux, me dire qu’il garde pour moi une copie du livre traitant de « L’histoire des mouvements islamistes dans le monde arabe, la Tunisie comme sujet d’étude ». A peine sur la route, qu’un deuxième appel, non prévu aussi, un autre ami, me demandant d’aller voir dans ma boite mail. Un fichier PDF, m’attendait celui, qui comblera un certain déficit celui d’être dans l’ignorance de l’œuvre de Levi Primo. Un lien entre les deux lectures ? Aucun, si ce n’est cette boulimie, avidité, cet amour infini du livre disponible, accessible, car ce n’est pas toujours évident d’en avoir sous la main.

Lien : http://tnkhanouff.hautetfort.com/archive/2009/04/10/les-l...

 

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21/06/2009

Monologue Vaginal

 

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Gustave Courbet – L’origine du monde

 

« Ce n'est pas grand-chose pourtant. Un vagin.

Presque rien, un vide sidéral entre les parois humides d'une grotte sombre. Une excavation improbable et creusée dans les chairs. Des plis et des replis... et des replis encore. Des chairs dentelées, bistrées, qui abritent, renferment et libèrent la fragrance obsédante et chaude des sucs - perles qui suintent lentement dans l'intérieur secret de ce puits profond de chair, de sueur et de sang.

Un peu plus que rien en vérité. Loin toutefois de l'idée magnifiée qu'on s'en fait, cette idole qu'on adore et qu'on craint. »

Extrait du roman « Lulli » de Roman Mann, que j'ai entre les mains mais pas encore lu, enfin parcouru.

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25/05/2009

Destins tragiques

Un écrit dans la série des mémoires parues ces derniers temps évoque « Le joueur d’échec », de l’auteur de « La pitié dangereuse » et pousse, loin du contexte premier, à se rappeler de certains destins tragiques. Quarante ans séparent les deux drames, celui de Stefan Zweig auteur de ces livres, qui en 1942 se donnait la mort avec sa femme, désespéré, de voir les nazis volaient de conquête en victoire dans une Europe désormais à genoux. Et en 1982 le poète Khalil Haoui, ne supportant plus de voir le sol de son Liban piétiné par les godasses des soldats israéliens entrant dans Beyrouth, mettait lui aussi fin à sa vie. Ce ci pour le souvenir. Et pour la suite, un paragraphe dépoussiéré et rafraichissant du recueil « La peur » de ce même S.Z., après les chaleurs presque étouffantes de ces derniers jours :

« Un petit éclair blanc donna le signal ; aussitôt, dans un roulement de tambour, et tombant en trombes, les vitres pleurèrent sous le crépitement meurtrier des humides projectiles ; en signe de capitulation, la locomotive inclinait vers le sol son panache gris. On ne voyait plus rien, on n’entendait plus que le grondement irrité de l’averse sur le verre et l’acier, et, comme une bête pourchassée, la locomotive filait sur les rails étincelants pour échapper à l’orage. »

 

23:03 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : stefan zweig, khalil haoui | | | Digg! Digg |  Facebook