19.11.2009

Pour Taoufik

S’il n’y a

Le vécu

Le quotidien

Le senti

Le Respiré

Et le bien vu

Il y a aussi

L’idéal

Le combat

Le sacrifice

L’assumé

Et le bien consenti

Mais les soirs

S’il vente fort

Dans les cœurs

Se morfonde

Et crie sa douleur

…Ça retient ses pleurs

 

Un poème de prison par Taoufik Ben Brik : « Le Poète et le Tyran »

 

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Reporters sans frontières a rendu public, mardi 17 novembre 2009, un texte inédit de Taoufik Ben Brik. Ce poème intitulé “Le Poète et le Tyran” a été rédigé depuis la prison de Mornaguia, où le journaliste et écrivain est incarcéré. Taoufik Ben Brik est placé sous mandat de dépôt, pour “atteinte aux bonnes mœurs”, “diffamation”, “agression” et “détérioration des biens d’autrui”. Son procès a eu lieu à Tunis, ce jeudi 19 novembre. Il risque jusqu’à cinq ans de prison ferme.


Le Poète et le Tyran

Monsieur le Juge,
le prévenu a-t-il droit à une parole licite ?
Comment, alors que vous m’interrompez
exigeant un non ou un oui…
Le droit, je vous le dis, votre Honneur,
Pour nous autres Arabes,
qui sommes Peuple amateur de préliminaires
avant toute réponse !

 

A présent, vous allez m’écouter…
Le marché, la grand-place, le ventre de la ville
grouillent de cette clameur :
La Justice, en mon pays, est inexistante
La Justice passa et s’en fut
La Justice a rejoint le Sein du Seigneur,
qui fit que nul n’est pérenne
fut-il Magnifique ou Tyran

 

Ne vous souciez point de ces mots,
Les gens sont saisis de fièvre délirante
et d’hallucinations
J’ai vu, quant à moi, de mes propres pupilles
ce que la cécité des mécréants ne saurait distinguer,
le fin mot de l’histoire :

 

La justice n’est pas absente,
c’est la cause qui est illusoire,
ou l’accusation, si vous préférez, qui peine à exister
condamnée qu’elle fut à la peine capitale
Nous sommes alors aujourd’hui jugés et condamnés
en manque d’accusation
comme l’Amant est en manque de sa bien-aimée,
Je me consume de désir pour une accusation savoureuse.

 

Monsieur le juge vénérable
scrutez bien avec moi ces fariboles
exercez votre perçant jugement :
L’on m’accuse d’avoir administré une torgnole
à une dame innocente,
de l’avoir gratifiée d’une ruade,
d’avoir tiré sa chevelure de sirène,
griffé ses joues de pomme rouge,
brisé ses côtes de gazelle…
Comment un poète peut-il commettre autant de fautes de goût ?

 

Notre poète disait
“Nous aimons le pays comme nul ne l’aime”
Je réponds en contrepoint,
“J’aime les femmes comme nul ne les aime”

 

A toutes les femmes de la terre et des cieux j’ai chanté :
La foudre a tonné sur les contreforts du Kef
Son écho a atteint les confins des terres de Abid
J’ai cru entendre là le tonnerre de Dieu
c’était en fait le rire de ma bien-aimée

 

A la policière travestie je voudrais dire :
Tu es la bien-aimée, tu es le poème,
mais où se cèle donc la vérité ?
Tu fus dure avec moi,
sans répit ni nuance
J’aurais préféré que tu me taxes d’assassin
ou de voleur de tout ce qui fut thésaurisé durant votre règne
Mais rosser une femme ? Quel désastre !
Où donc se cèle la vérité ?

 

La vérité est que je me suis aventuré
dans les recoins du palais du dragon
Une promenade devenue cauchemar sans issue
La vérité est que c’est une affaire
entre moi et Zaba le Grand,
souverain du pays
Une affaire qui concerne Hallaj le poète et le Tyran
Charlie Chaplin et le Dictateur
Shéhérazade et Shahryar…

 

Dites à mon geôlier de ne pas se fâcher
Je ne suis, quant à moi, pas en colère
l’esprit en paix
non pas parce qu’innocent,
parce que coupable de l’avoir dépouillé
de ses derniers masques et parures
de l’avoir laissé nu comme un nouveau né
en proie aux moqueurs et aux ricanants

 

Ceux qui ne sont point familiers du soleil
sont atteint, à la lumière, de glaucome
Le soleil se lève, alors sauve toi, Vampire !
Buveur de sang !
Fuis ! Fuis ! Et fais ce qu’il te plait
Mes paroles sont libres
comme le souffle de la brise !
Aucune geôle ni aucune cage
ne peut retenir le fugitif qui te parle
de derrière ces barreaux :

 

Quand la récitation servile
sera étouffée par la Bonne Nouvelle
le Jour venu,
tu seras humble et poli…
Carthage, cette tombe lugubre où manque le cadavre…

 

L’idiot fléchira pour faire place à l’étendard et à la bataille
Tu lâcheras la bride à la démesure
et n’étouffera point le hennissement de ta monture
Elle porte en sa croupe un combattant…

 

Plaidoyer du détenu N° 5707
Bloc H, Aile 2, Cellule 2
Prison civile de Mornaguia

Taoufik Ben Brik

 

Lien 1 : http://www.rsf.org/spip.php?page=article&id_article=3...

Lien 2 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Taoufik_Ben_Brik

 

07.11.2009

Fatma est libre

 

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L’information de la libération de Fatma vient d’arriver, il y de cela quelques dizaines de minutes. Reste-t-elle à la disposition de l’instruction ? Des charges seront-ils retenus contre elle ? Reviendra-t-elle en prison, perdra-t-elle encore sa liberté ? Pourquoi pas hier, où même avant-hier, pourquoi aujourd’hui date d’arrivée de Ben Ali au pouvoir, 22 ans depuis ? Et le sort des autres détenues, car il en reste ? A quand une amnistie générale, le recouvrement des droits, tous les droits, indemnisations, excuses… ?

Fatma est libre. Même s’ils restent encore quelques nuages dans le ciel, félicitations à Fatma, et merci à tous pour ce bel élan de solidarité.

 

Ils ne te bâillonneront pas Fatma

 

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Ivano Coltellacci – Jail

 

Ce ne sont que des mauvais moments

Fatma

Personne n’est habitué à ce genre de lieu

Fatma

Nos pensées sont avec toi

Fatma

Et c'est tellement dur de te le dire

Fatma

Si dure de te savoire là-bas

Fatma

 

 

 


 

 

06.11.2009

Liberté pour Fatma

 

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Communiqué de RSF :

http://freearabicca.wordpress.com/2009/11/06/communique-r...

 

Non au harcèlement de Fatma Arabicca

Suite aux menaces proférées par le candidat au score stalinien, la moissonneuse-batteuse a fait son travail de fauchage et d’arrachage brutal des voix qui ont osé, Taoufik Ben Brik et Slim Boukhdhir ont fait les frais. Et maintenant il parait que la mâchoire d’acier se tourne vers d’autres, les voix du net. Notre amie Fatma Arabicca, dont le blog a disparu, est interrogée au quotidien par la police depuis quatre jours, si ce n’est du harcèlement, de l’intimidation, quel qualificatif donner à ce genre de traitement ?

Lien 1 : http://www.africa-times-news.com/2009/10/tunisie-le-journ...

Lien 2 : http://tnkhanouff.hautetfort.com/archive/2008/11/10/la-de...

 

 

04.11.2009

Les prisonniers du bassin minier sont enfin libres

 

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Selon des informations la ville minière de Rdayef est en liesse ce soir. Ces femmes étaient dans la rue, filles, compagnes et mères ont manifesté et crié leur soutient aux leurs, les prisonniers du bassin minier. Elles sont enfin soulagées.

 

 

24.10.2009

Le chiffre insulte

 

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Pendant plus de vingt ans, à des intervalles réguliers une mascarade est organisée et un argent fou dépensé pour la mise en scène d’une compagne électorale qui n’en est pas une. Demain avant minuit, en soirée précisément, l’ensemble du pays passera à l’horaire d’un très long hiver à l’annonce du chiffre insulte.

* Le chiffre insulte.

 

18.10.2009

L’appel pour la libération des prisonniers du bassin minier continu

 

L’appel pour la libération des prisonniers du bassin minier continu, la pétition a dépassé les deux cents (200) signataires.

Lien : http://www.fidh.org/Petition-pour-la-liberation-des#form17

 

13.10.2009

De l’espoir sur terre

Presque cent signatures à cette heure ci pour la pétition de la fidh pour la libération des prisonniers du bassin minier. Merci et encore merci.

Lien : http://www.fidh.org/Petition-pour-la-liberation-des#form17

 

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