20.09.2008

Un peu de slam ne fait pas de mal

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Grand Corps Malade

J'Ecris A L'Oral - Paroles de Grand Corps Malade

C'était un soir sans histoire une fin de journée au destin sobre
21h sans espoir un mercredi d'octobre,
Sur le macadam fatigué trottoir en pente rue des Dames
Très loin des drames agités c'est ma première soirée slam
Des êtres humains dans un café sont regroupés pour s'écouter,
Ils prennent la parole un par un et mes oreilles sont envoûtées
Des humains à égalité chacun est libre de se lancer,
Le principe est très simple encore fallait-il y penser
Je suis d'abord rester passif mais j'ai tout de suite rêver
d'action

Je suis d'abord rester pensif pour comprendre cette révélation
J'ai pris une avalanche de rimes et une cascade de thèmes
Si loin du star-system tu restes tard si t'aimes
Quelques instants après j'ai déterrer l'encrier,
En créant sans prier
Pour hurler sans crier,
Sans accroc sans vriller
Dans la voix l'encre y est
Pour recevoir sans briller
Et donner sans trier

Le slam a giflé mon esprit puis libère les passions,
Secouant mon envie créative restée en hibernation,
A la recherche des ces ambiances dans tout Paris je vais zoner
C'est décidé ma voix est libre et son timbre va raisonner
La poésie dans les bars a rendez-vous avec la vie,
Je l'ai vu et tu le vis,
Je l'avoue je l'ai suivi,
Elle prend forme elle grandit
Elle rayonne et elle s'entend,

Elle t'enlace et une fois qu'elle te tient elle prend son temps
La poésie dans les bars ne sort que dans nos voix,
Le concept même de ces soirées est un poème qui s'entrevoit
La poésie se cache partout, sur le comptoir dans ton demi,
Elle déborde sur le trottoir et se propage l'épidémie
Moi j'oublierai jamais l'année où j'ai choppé le virus,
Quand tu trébuches sur un hasard et que tu tombes sur un bonus
Ces soirées où l'on se livre, ces moments où l'on se lève,
Des heures à user nos salives, croquer les mots jusqu'à la sève
J'oublierai pas ces instants rares où la nuit sert de terrain
A la recherche de l'éphémère moitié inquiet moitié serein
J'sais pas si le bonheur se touche mais on l'a peut être frôlé 2-3
fois,

Dans cette atmosphère un peu louche se reflétant dans nos voix
J'oublierai pas ces coeurs ouverts de toute provenance et de tout âge,
Unie dans l'envie de découvrir dans l'écoute et le partage
Ceux qui étaient là ne changeraient rien même si tout était à refaire
Et puis en plus un texte dit c'était quand même un verre offert
Ces soirées sont toujours là mais le mieux c'est quand tu fais
connaissance,
Rien ne vaut le charme de l'inconnu la découverte et
l'innocence

Cette nostalgie me rappelle souvent que j'ai aussi serré des mains,
Des rencontres qui font que t'aimerais qu'hier déteigne sur demain
J'suis toujours plein de motivation et je récidive sans façon,
Recherchant cette sensation qui vaut bien 700 passions
De cette époque non révolue j'ai reçu un héritage virale
Une manie qui ne me quitte plus c'est vrai, j'écris à l'oral
C'était un soir sans histoire une fin de journée au destin sobre, 21h sans espoir un mercredi d'octobre,
J'ai entendu des voix qui touchent comme des chorales dans mon moral
Depuis j'ai de l'encre plein la bouche, depuis j'écris à l'oral

11.08.2008

A ma mère

Il serait déraisonnable d’essayer de faire ici le tour de l’œuvre complète du poète disparu MAHMOUD DARWICH. Parmi ces textes -traduits en plusieurs langues- la mémoire collective se rappellera surtout du poème chanté par Marcel Khalifa :

 

« Ila ommi » A ma mère (La patrie)

 

Je me languis du pain de ma mère
du café de ma mère
des caresses de ma mère
jour après jour
l'enfance grandit en moi
j'aime mon âge
car si je meurs
j'aurai honte des larmes de ma mère

Si un jour je reviens
fais de moi un pendentif à tes cils
recouvre mes os avec de l'herbe
qui se sera purifiée à l'eau bénite de tes chevilles
attache -moi avec une natte de tes cheveux
avec un fil de la traîne de ta robe
peut-être deviendrai-je un dieu
oui un dieu
si je parviens à toucher le fond de ton cœur

Si je reviens
mets-moi ainsi qu'une brassée de bois dans ton four
fais de moi une corde à linge sur la terrasse de ta maison
car je ne peux plus me lever
quand tu ne fais pas ta prière du jour


J'ai vieilli
rends-moi la constellation de l'enfance
que je puisse emprunter avec les petits oiseaux
la voie du retour
au nid de ton attente
(...)

Traduction inconnue

 

 

10.08.2008

MAHMOUD DARWICH

Jacek Gasiorowski - RGB.jpg

Un immense poète vient de partir, un humaniste, un homme de combat et de conviction vient de nous quitter, et tous les superlatifs ne pourront lui rendre justice car il vient de nous quitter sans avoir vu la paix s’instaurer en sa Palestine…

[…]

T’aimer, ou ne pas t’aimer
je pars, je laisse derrière moi des adresses susceptibles de se perdre
j’attends ceux qui reviennent
ils connaissent les échéances de ma mort, et ils viennent
Toi que je n’aime pas lorsque je t’aime
les murs de Babylone sont étroits le jour, tes yeux sont larges
et ton visage se propage dans la clarté
Comme si tu n’étais pas encore née. Et que nous ne nous
soyons jamais séparés.

Comme si tu ne m’avais jamais assassiné.
[…]

Extrait du poème Cantiques, dans Rien qu’une autre année, traduit de l’arabe par Abdellatif Laâbi, éditions de Minuit 1983, page 87

28.06.2008

L'ombre de ta silhouette

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Fabio Keiner - My shadow double

 

Si ces lumières veulent me délaisser
Si cette nuit semble hâtive de tomber
Et si ma vie est vaine sans toi à mes cotés
L'ombre de ta silhouette continue à me hanter  (
Khanouff)

 

Si l'aurore s'émeut de cet azur naissant
Si le vent éparpille les nuages au couchant
Et si ma vie sans toi, je savais dessiner
Peut-être que demain, je pourrai t'effacer (
Azalïs)

 

Si un jour j'arrive à détourner mon coeur dès que je t'aperçois
Si j'arrête aussi de te parler même quand tu n'es pa là
Et si malgré le silence je refuse encore d'entendre ta voix
Alors entre toi et moi, j'aurai enfin fait mon choix 
(Ap)

 

Si les feux et les orages s'éteignent un jour
Si je peux songer sans laisser apparaître tes atours
Si même les braises ne peuvent à nouveau s'embraser
Peut-être que demain, la vie, je pourrai l'embrasser (
Captainelili)


D’après un jeu d’écriture initié ici.